Architectural

LES TOMBES DISCOÏDALES

Les tombes discoïdales fascinent les Basques et sont sujets de multiples recherches qui convergent ou divergent au fil  du temps…

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C’est une fois de plus que nous citerons Claude LABAT, pas par facilité mais par soucis d’authenticité, et puisqu’il a passé un temps considérable à lire, analyser et confronter ainsi les multitudes de théories de ces 4 derniers siècles.

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Nous même, Horizons-Basques, sommes fascinés par la beauté, la diversité, et l’ingéniosité de cet art transmis très certainement oralement ;  ces tailleurs de pierres étaient  bien souvent par la même occasion laboureurs ou cultivateurs. Ils tâchaient de copier tout ce qui pouvait leur paraître beau ou intéressant ce qui a permis ainsi à cet art de subir d’inconscientes transformations où s’imprimait chaque fois d’avantage la vraie mentalité du Basque.

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« Les stèles discoïdes ont toujours intrigué par leur forme et par leurs symboles sculptés. Cet art lapidaire original a alimenter bien des fantasmes au même titre que les hypothèses sur l’origine des Basques ; les stèles de Cambo représentées dans le carnet de croquis d’un voyageur du 19ieme siècles sont qualifiées de stèles arabes! Mais les Basques eux mêmes tombent aussi dans les interprétations hâtives et hasardeuses quand ils décrètent que les signes sculptés sur ces monuments sont d’inspiration païenne. Personnellement je me méfie de cette idée reçue qui consiste à considérer nos ancêtres comme hermétiques ou résistants à la christianisation; cela participe au mythe du « bon sauvage »ou du « paradis perdu » qui flatte le sentiment identitaire, mais irrite ceux qui travaillent pour asseoir l’histoire basque sur des bases solides à partir de données vérifiables.

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Que sait-on des discoïdales? Tout d’abord, que les stèles qui existent aujourd’hui datent généralement du 17ieme et 18 ieme siècles, c’est-à-dire d’un temps où les Basques sont majoritairement de religion chrétienne ; les croix, les monogrammes du Christ et de la Vierge le montrent. Bien évidement, à côté de ces images chrétiennes, on remarque quantité de signes que l’on attribue traditionnellement à des courants religieux d’avant le christianisme ; c’est le cas des signes végétaux (plantes, arbres…), des signes solaires (soleil,lauburu…) et astronomiques (lune, étoiles..). Or il faut savoir que ces signes-là : l’arbre, le soleil, la lune… sont aussi des symboles chrétiens! A mon avis il ne s’agit pas d’une « récupération » mais simplement d’un fond commun à toute l’humanité.

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Par ailleurs, c’est probable qu’à l’origine, le clergé intervient dans la création des stèles discoïdales en suggérant l’emploi de certains signes ou symboles, mais en même temps, il est évident que les tailleurs de pierre sont porteurs d’un savoir ancien, voire de croyances antiques. Aussi peut-on dire sans trop se tromper que cet art lapidaire témoigne plutôt d’un certains syncrétisme (mélange d’influences) que d’un paganisme (désigne la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs) récurrent. Mais les stèles méritent d’être observer de plus prés pour une autre raison. En effet la décoration de ces monuments est totalement étrangère au mouvement baroque, l’art religieux officiel qui investit massivement les églises Basques à la même époque. C’est là une constatation fondamentale : les stèles n’appartiennent pas au monde de l’Eglise, mais à celui de la Maison. La religion domestique des Basques, gérée par les femmes et tolérée par les clercs, à fini par importuner ces derniers au point que certains d’entre eux, au 19ieme siècle, propagent l’idée que les stèles sont des monuments païens. »

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