GROTTES RARES ET PRÉCIEUSES DU LABOURD

À moins d’1/2 heure de Bayonne, on est loin de penser qu’il est déjà possible de s’enfoncer SUR des centaines de mètres à la découverte de nombreuses petites grottes, mais qui à l’instar de celles de Sare, d’Oxocelaya ou encore d’Isturitz sont tout sauf touristiques….
Il existe extrêmement peu de livres qui d’écrivent leurs emplacements car tout d’abord peu sont les passionnés qui s’aventurent dans ces zones pour le moins inhospitalières.

On évolue quasiment tout le temps au milieu de forêts humides donc glissantes, sur des parois et dans des pentes raides où l’erreur peut être fatale… Il est donc fortement conseiller d’effectuer ce type de randonnées au minimum à deux, ainsi que de prendre dans son sac, casque, baudrier, corde, mousquetons et fil d’Arianne pour retrouver le chemin du retour lorsqu’on découvre un nouvel endroit.

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De formation calcaire, ces grottes se forment dans de la roche parsemées de trous, de failles et de fissures appelées lapiez, véritable « gruyère » pouvant atteindre plusieurs mètres de profondeur et possédant de véritables lames de rasoirs en guise de rebords! Ces zones sont d’ailleurs encore de nos jours utilisées par le 1er RPIMA  de Bayonne en guise d’entraînement aux opérations commandos.

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LAPIEZ

Pouvoir les visiter est l’aboutissement de nombreuses heures de recherches, de mauvaises pistes, de fausses joies et enfin alors que l’on y croyait plus, une cavité!

Il est agréable de penser qu’en pénétrant dans certaines de ces grottes, nous faisons partie des 100 premières personnes à avoir pu en apprécier la beauté et l’authenticité. La fragilité des plafonds remplis de fines et fragiles fistuleuses, de fines stalactites en tube formées par la cristallisation du pourtour de la goutte d’eau, ne résisterait pas aux passages intensifs qu’entraîne la spéléologie dans des lieux trop fréquentés.

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Plafond de fistuleuses et stalagtites.

Ces galeries sombres accueillent très peu d’insectes, et quelques seulement quelques petits animaux, que parfois nous avons la chance de voir, comme les chauves-souris et des Salamandres Salamandra, noires et jaunes, aux motifs uniques. Ces dernières , comme le lézard, peuvent régénérer des parties perdues ou blessées de leur corps très rapidement et sécrètent une neurotoxine, le salamandrin. D’où également cette couleur vive mettant en garde contre la toxicité du petit animal. Ces sécrétions cutanées la protègent contre les infections bactériennes et fongiques externes et sont inoffensives pour l’homme (si ce n’est au contact  des yeux, de la bouche et au travers de blessures).

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Salamandre Salamandra

 

Nous n’oublions pas que toutes ces grottes ont inspiré la mythologie Basque et ont permis l’apparition de certains personnages clés tels que les Laminak, souvent présentés comme des femmes, aux pieds palmés et passant quasiment tout leur temps à coiffer leur longue chevelure avec un peigne en or.

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Parfois on les décrit aussi comme de petits nains poilus. Les Laminak étaient les gardiens de nombreux trésors au fond des grottes. Ils pouvaient construire des ponts ou faire le travail des champs en échange de nourriture, mais on leur reprochait souvent de ne pas finir entièrement leurs tâches.

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MARI – La Dame

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On distingue Mari, allongée sous terre, se coiffant avec un peigne en or.

Elle demeure sous terre et les hommes peuvent la rencontrer à l’entrée des grottes. Parfois elle change juste de grotte ou bien de massif comme lieu de résidence. Souvent considérée à tort comme le personnage principal de la mythologie Basque, alors que d’autres personnages comme par exemple Herensuge, le Serpent et le Dragon réunis sous la même entité, sont tout aussi importants et présents dans la mythologie des peuples du monde entier.

Mari est cependant la seule à posséder un nom propre, peut être suggérée de la vierge chrétienne, et assimilée par peur peut être du nombre important et croissant de personnes lui vouant un véritable culte. Elle fût tardivement considérée comme divinité et elle demeure la personnification de la Terre et de la Nature, annonciatrice des intempéries. Son peigne avec lequel elle passe de longues heures à se préparer, ainsi que tous ses instruments domestiques sont en or, et malheur à celui qui aurait l’idée de les emporter, il se transformerait  en bout de bois pourri!

 Il n’existe pas de cartes topographiques exactes et correctes de ces grottes Basques d’où toujours cette pression supplémentaire lorsque vous êtes en tête, lorsqu’à chaque virage, après chaque méandre, vos yeux cherchent une façon de vous enfoncer encore davantage dans l’inconnu, vers l’origine de toutes ces croyances…

La découverte de ces lieux ne se fait pas sans crainte pour celui qui s’y aventure…. En effet lors de passages très étroits on est pas certains de pouvoir repasser un même endroit au retour… D’où un maximum de précautions  et encore une fois la nécessité de ne pas aller dans ces passages tout seul, et d’être courageux mais pas téméraire…

Parfois le sol n’est « que » boueux :

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Passage appelé également chatière ou étroiture

Et d’autres fois recouvert de pierres!

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Certaines grottes possèdent des draperies, c’est à dire des concrétions dont la structure permet de s’imaginer le temps nécessaire à la naissance de ces véritables oeuvres d’art!

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Stalactite proche des 2 mètres!
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Comme une cascade pétrifiée.

L’espace séparant la stalactite (qui tombe) et la stalagmite (qui monte) peut nous paraître petit, pour autant nécessitera encore de nombreux siècles avant de s’unifier.

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Les excentriques ont la particularité de tomber mais de pouvoir ensuite remonter, d’être horizontales ou de s’orienter vers la droite ou vers la gauche et tout ceci en partie grâce à la force de cristallisation plus forte que la loi de l’apesanteur. En effet lorsque l’alimentation en eau s’arrête la reprise peut alors se faire avec un léger angle, influencée par une impureté ou un autre facteur infime.

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Excentriques

On découvre également des gours, qui forment des dépôts de calcite sur le pourtour de la surface de l’eau créant par la même occasion un barrage artificiel :

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Momentanément asséchés
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Ou en perpétuel agrandissement

 

Quelle surprise de se retrouver nez à nez avec les racines des arbres au milieu de la grotte! On comprend mieux la vocation première des racines qui n’est pas comme on pourrait le penser tout d’abord de maintenir l’arbre solidement au sol, mais de récupérer le maximum d’eau et de minéraux présent dans le sol.

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On assiste à des scènes de toute beauté comme les reflets de milliers de gouttes d’eau réparties parfois au plafond ou sur les côtés des parois :

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Ce qui est attirant et motivant en spéléologie, c’est qu’au bout de plusieurs aventures dans la même grotte on découvre toujours de  nouveaux passages, des formes extraordinaires, des détails infimes qui nous avaient échappé. On rentre chez soi avec toujours cette envie de connaître l’histoire, le nom, le pourquoi du comment des concrétions uniques que nous avons pu croiser, mélangeant dans nos têtes la grandeur de ces lieux à tous les mythes et légendes que nous entendons résonner dans notre tête…

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