UN AIR DE PRINTEMPS

Horizons-basques a profité pleinement de ce printemps pour partir à la découverte de nouveaux lieux, des lieux parfois insoupçonnés et pour prendre des photos même sous la surface du Pays Basque…

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Nous commencerons tout d’abord par vous faire profiter de ces fleurs que nous avons croisées en chemin et pour certaines nous apprendrons à mieux connaître leur histoire, leurs particularités.

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Asphodèle

Dès le mois de mars débute la floraison de l’asphodèle blanc (Asphodelus albus), mais que l’on retrouve aussi quelques fois sous l’appellation de « poireau de chien », « bâton royal » ou « bâton blanc ». Son tubercule, comestible, était autrefois consommé en période de disette d’où son nom de « plante de famine »; Pelé comme une pomme de terre il peut être poêlé et donner de la couleur à vos plats grâce à  sa couleur orange ! L’asphodèle fait partie de ces plantes emblématiques du Pays Basque, elle est constitué de très belles fleurs à six pétales et six étamines qui fleurissent de bas en haut; les abeilles en sont friandes pour leur goût sucré. On ne manquera pas de les remarquer jusqu’à la fin de l’automne, ces graines accrochées au bout des tiges séchées et qui seront finalement couchées au sol,  emportées par le vent de sud, prêtes à conquérir de nouveaux territoires.

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Tiges d’asphodèles

Sa fleur peut être consommée, sa tige (jeune) peut être faite frite ou cuisinée en omelette. Enfin très riche en amidon, l’asphodèle était autrefois utilisé comme colle par les relieurs ainsi que par les cordonniers.

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Asphodèle

Pour notre plus grand bonheur et en faisant preuve de patiente, nous avons pu découvrir de nouveaux « spots » de plantes carnivores présentes en Pays Basque, la droséra et la grassette (Pinguicula grandiflora). Ces deux plantes carnivores complètent leur alimentation par des insectes dont elles tirent les nutriments qui ne sont pas présents dans le sol. Leur couleur particulièrement attrayante et vive attire les insectes et leur permet de les prendre au piège.

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Grassette (Pinguicula grandiflora)

La grassette possède des glandes collantes et odorantes sur les feuilles. Elle a la faculté de détecter ses proies grâce aux substances qu’elles produisent et elle active par la même occasion les glandes sessiles (digestives) présentes sur la feuille. Lorsque la plante est de grande taille, les bords de la feuille peuvent s’enrouler afin d’augmenter la surface de contact avec l’insecte. On utilisait les feuilles de la grassette pour préparer le caillé, c’est donc aussi une plante présurante.

Le droséra possède quand à lui un piège semi-actif à faible amplitude et attire ses proies par sa couleur vive au soleil grâce à des sécrétions rappelant le nectar d’une fleur; plus la durée de jeûne est longue, plus ces sécrétions sont importantes. Lorsque l’insecte est capturé les poils se recourbent, le dirigeant ainsi  vers le centre de la feuille où se situent les glandes digestives. Les cellules de la glande se modifient donc entre le moment de la capture et celui de la digestion et on observe même la sécrétion d’un composé pouvant accélérer la mort de l’insecte qui malgré tout meurt bien souvent d’asphyxie.

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Drosera

 On devine la complexité de cette plante puisque Charles Darwin se prit de passion pour les droséras et les étudia pendant 10 ans. Il débuta ses recherches en 1860  et publia un livre sur les plantes carnivores en 1875.

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Dans les mêmes tourbières que les plantes carnivores nous avons également pu voir la linaigrette (Eriophorum) ou herbe à coton :

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Linaigrette

En sortant des zones humides, nous apercevons des myrtilliers en fleurs :

MYRTILLE

Les ancolies (Aquilegia vulgaris) :

ANCOLIE

Des fougères aigle (Pteridium aquilinum) sortent de terre :

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Et commencent déjà à abriter leurs premiers hôtes, insectes, larves, oeufs de papillons, toiles d’araignées, etc….

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Les lathrées clandestines (Lathraea clandestina), qui ont pour particularité de ne pas avoir de feuilles ce qui indique que ce sont des plantes parasites qui ne nécessitent donc pas de chlorophylle. Elles fleurissent durant la montée de la sève au printemps, les hôtes souffrent donc très peu de ce parasitisme à l’inverse du gui. Grâce à ses racines suceuses elle se nourrit de la sève des arbres en les entourant et en transfusant tout simplement. La lathrée se rencontre donc uniquement sous des arbres et privilégie les bordures de cours d’eau.

Lathrées clandestines

Le Pays Basque possède une flore excessivement  riche. Tout au long de randonnées nous prenons le temps de nous arrêter pour admirer toutes ces fleurs qui fleurissent à tour de rôle. Nous prendrons également le temps de vous les présenter chacune en détails, vous aurez alors sûrement le bonheur et la fierté de les repérer lors de vos balades et randonnées.

Dans notre prochain article,  vous découvrirez nos photos des  dessous du Pays Basque !!! Des décors souterrains insolites, merveilleux, créés il y a des milliers d’années et restés intacts…

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